le trimestriel économique du Var

Couverture du VEN n°33
N°33 Juin 2021

Dossier

Juin 2021 - N°33
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Relance | Comment le tourisme varois se réinvente

Tour d'horizon sur la manière dont les acteurs du tourisme varois imaginent l'avenir de leurs métiers à la suite de la crise sanitaire mondiale. Marquée par l'apparition du coronavirus et la crise sanitaire qui en a découlé, l'année 2020 a été celle d'une mise au ralenti généralisée de l'économie mondiale. Et si la récession liée aux périodes de confinement a frappé tous les secteurs d'activité, celui du tourisme et des voyages a été très sévèrement touché, du fait de l'arrêt des transports et des flux de mobilité qui le font vivre. Selon les données de la Banque de France, les recettes touristiques internationales de la France n'ont été que de 12,3 milliards au premier semestre 2020, alors qu'elles avaient atteint 25,5 milliards pour la même période de l'année 2019, soit une perte de 13,2 milliards (-51,9%). D’après Atout France, les pertes potentielles de recettes touristiques globales pour l’année sont estimées entre 50 et 60 milliards, soit une baisse comprise entre 30 et 35% de la consommation touristique annuelle (Veille Info Tourisme, septembre 2020).

A l'échelle de la région, la fréquentation globale du territoire a accusé en 2020 une baisse de 21%, ce qui équivaut à une perte de 44 millions de nuitées, mais la fréquentation estivale n'a reculé que de 5%, grâce notamment à une hausse de près de 20% du nombre de touristes français. L'un des effets des campagnes de communication offensives portées par le territoire et Atout France, avec notamment la médiatisation du slogan « On a tous besoin du Sud ».

Le tourisme, au cœur du plan de relance gouvernemental

Par ailleurs, le plan de relance annoncé par le gouvernement à la rentrée 2020 prévoit un important volet consacré au tourisme : ainsi, la Banque des Territoires et Bpifrance déploieront 3,6 milliards en prêts, fonds propres et programmes d’accompagnement spécifiques jusqu'à 2023. L'action des deux structures du groupe Caisse des Dépôts se conjuguera en complémentarité : la première travaillera en direction des collectivités locales, des foncières et des sociétés d‘économie mixte, et la seconde plus spécifiquement auprès des entreprises. Avec trois principaux objectifs : sauvegarder l’offre du secteur en répondant aux besoins de trésorerie des acteurs et renforcer la demande, contribuer à la constitution d’une filière tourisme consolidée et compétitive, notamment en vue de l’accueil de la Coupe du monde de rugby 2023 et des Jeux Olympiques 2024, et enfin contribuer à faire de la France la destination mondiale de référence en matière de tourisme durable.

Car au-delà du redémarrage du secteur touristique, c'est bien un nouveau modèle économique qu'il est question d'inventer, en accompagnant la transition sociétale en cours, notamment autour des enjeux environnementaux. Cette crise sanitaire inédite doit être envisagée comme une opportunité pour réfléchir à ce que sera le tourisme de demain.

Vers un tourisme plus durable

Un tourisme qui devra privilégier une approche plus qualitative que quantitative, en mettant encore plus en valeur la singularité des territoires, en valorisant l’environnement, la culture, la proximité, l'authenticité, et en plaçant l'humain au cœur des relations avec la clientèle.

La question de la durabilité du tourisme sera bien évidemment au centre des réflexions en ce qui concerne tous les actes de consommation, en prenant en compte les traditions et produits du terroir par la généralisation des circuits courts, en diminuant les déplacements et en privilégiant l’utilisation de mobilités douces (transports collectifs, vélo…). Un tourisme plus lent, plus authentique, mais qui ne s'oppose pas forcément à la vitesse des communications et des flux d'information qui sont désormais des exigences incontournables des clients.

Il appartiendra sans doute aux acteurs publics d'inventer de nouvelles formes de pilotage des politiques touristiques, en visant à atténuer les déséquilibres territoriaux entre les zones plus ou moins fréquentées et les zones à plus faible fréquentation, et en accompagnant le phénomène grandissant de désaisonnalisation, cette tendance lourde qui amène les touristes à fragmenter leurs périodes de vacances tout au long de l'année. Tout en intégrant des logiques partenariales et de co-construction.

Bien sûr, cette évolution vers un tourisme responsable ne se fera pas du jour au lendemain, et nécessitera une réflexion globale, au-delà de la dimension économique, un changement de paradigme, de logiciel de pensée. Mais si le défi à relever est immense, il est aussi profondément stimulant, fait de créativité, d'expérimentations et de recherche de solutions nouvelles.

La CCI du Var, aux côtés des acteurs du tourisme depuis le début de la crise sanitaire, sera au rendez-vous pour accompagner les professionnels varois dans cette transition majeure.

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